La vie sans toi (oct-déc. 07)

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23/12/2007

107 Pause évasion

Durant quelques jours, nous partons nous évader en Normandie. Un changement d'air, surtout pour échapper un peu au quotidien rempli de tristesse ces derniers jours. Le blog reste néanmoins ouvert ...

Je sais d'avance que ça va être très dur car nous retournons dans la famille, dans des endroits où nous sommes allés en avril pour la dernière fois avec toi. Depuis, nous n'avons pas encore eu le courage d'y retourner. Mais on nous réclame ... et puis, il y a des choses qu'il faut affronter un jour ou l'autre ! Il y aura beaucoup de pleurs, c'est certain, mais après, peut-être, on pourra avancer pas à pas. Enfin, je l'espère ...

Merci à tous pour votre soutien, chacun à votre manière. Vous restez dans mon cœur.

20/12/2007

104 Moral en baisse

Depuis dimanche, impossible d'écrire ; les mots ne venaient pas. Ce n'était que tristesse et mélancolie. Damien, mon fils, tu me manques énormément et mes yeux sont remplis de larmes. Cela me brule, tellement je suis triste. C'est un mauvais passage pour moi parmi tant d'autres. Ce matin, j'ai eu une longue conversation avec une amie par téléphone ; j'ai beaucoup pleuré. Mais, en même temps, ça m'a fait du bien de pouvoir évacuer ce lourd fardeau. J'ai pris des résolutions et j'espère qu'elles porteront du fruit. Et puis, cet après-midi, je suis allée sur ta tombe. Rien ! Je n'arrive toujours pas ... Ensuite, je suis allée rendre visite à une autre amie et, encore, beaucoup de partage. Même si ce fut une journée chargée en chagrin, mon cœur est un peu moins lourd. S'épancher, ça fait quand même un bien fou !

Ingrid, merci aussi pour ton soutien ces derniers jours. Valérie, merci aussi à toi, de prendre le temps de me lire et de m'écouter de cette façon. Ces échanges m'ont fait aussi du bien. Je vous embrasse toutes les deux. Merci à Laurence, qui se reconnaîtra pour tous ces échanges ...

Merci aussi à toi, Isabelle, d'être là quand j'en ai besoin ... Je pense beaucoup à toi dans ces moments difficiles que tu traverses ...

Merci à tous ceux qui me laissent des messages réconfortants.

Damien, octobre 2006.

19/12/2007

103 Pensée pour tous ceux qui ont perdu un être cher ...

Tu me manques ... et Mamie Simone également, que je n'ai pas pu revoir, car décédée le 28 février 2007, 4 mois avant toi.

Mamie Simone (ton arrière grand-mère), Amélie (ta sœur) et toi, en avril 2004, juste avant le début de la maladie.

16/12/2007

100 Pensée

Cela fait plusieurs semaines que je me suis mise à l'écriture de ton combat sur ce blog. Je continue à ce jour à écrire des souvenirs et des anecdotes à ton sujet. Je me rends compte que je n'ai rien oublié de ces 3 années difficiles, alors que je ne me souviens pas bien de tes premières années d'existence. Nous gardons toujours les mauvais souvenirs, les plus douloureux en priorité. Ils prennent le pas sur tout. Récemment, nous sommes retournés à Paris, chez Christine où nous logions les dernières semaines avant ton coma. La route que nous avons dû emprunter pour nous y rendre nous oblige à passer par Nancy. Pire encore, nous passons à proximité de l'hôpital du Brabois, celui où tu as passé beaucoup de temps pour les chimios, entre octobre 2004 et avril 2007. Que ce fut dur ! A l'approche de cet endroit, un tas d'images me sont revenues. Tu n'étais pas là ; la voiture était vide sans toi. Plus de traitement, finie la bataille. Cette route Thann-Nancy, nous l'avons fait tellement de fois. La refaire sans toi dans la voiture était un déchirement. La maladie a vaincu. Il ne reste qu'un grand vide et une énorme peine. Mes larmes coulent malgré moi. Pire encore, à l'approche du domicile de Christine, je suis prise d'une grosse angoisse. Je repense au moment où nous avons quitté son domicile et où jamais tu ne reviendras. C'était le jour où tu es tombé dans le coma (le 15 juin 2007). Il y a tellement de souvenirs dans cette maison ; la chambre que ta cousine nous a prêté, où nous dormions ensemble. La salle de bain où tu as pris des bains et jouer dans l'eau (nous avons une douche aménagée à la maison; pour des raisons de sécurité tu n'avais pas droit à la baignoire). Et c'était un vrai bonheur pour toi que de pouvoir barboter ... C'est le seul endroit où pour l'instant, nous sommes retournés sans toi depuis ton départ. Il y a encore chez les grand-parents et les oncles et tantes. Je sens que ça va être terrible. Je n'arriverai pas à tout affronter en même temps. Il va falloir étaler les visites sur de long mois. Durant les vacances prochaines, on va essayer une tentative chez Papy Jean-Claude et Mamie Maud. Mais ça va être très difficile. Il y a tant de souvenirs là-bas. Et toi, pour la première fois, tu ne seras pas là. Tu vas me manquer encore plus.

En mai 2007, à Ermenonville. Ce n'était plus la grande forme déjà !

14/12/2007

99 Le jardin

Le 2 novembre 2007. Depuis 2 jours, c'est le grand ménage extérieur. J'ai tout coupé pour l'hiver. Fini la saison des tomates et des courgettes, de la menthe, des fleurs et des rosiers. Taille complète ! Tondeuse, la dernière tonte avant le printemps. J'ai tout retourné la partie "potager", mis de l'engrais biologique (évidemment) et protégé le tout avec un filet. Maintenant est venu le moment de laisser la terre se reposer avant les nouvelles plantations du printemps. Je suis certaine que si tu avais été encore là, tu m'aurais donné un coup de main. Nous faisions très souvent le jardin ensemble. J'ai demandé à ta sœur de m'aider mais rien à faire, elle déteste ça. Une autre étape importante : je me suis enfin décidé à démonter ton "but". Très difficile pour moi. Beaucoup de souvenirs y sont liés. Mais ça devenait de plus en plus pénible de le voir de la fenêtre. Plus personne ne l'utilisait depuis ton coma. Tout doucement, j'enlève certains objets devenus trop difficiles à garder sous les yeux.

Juin 2006 avec ton ballon de football (léger).

Juin 2006 avec ton ballon de rugby (en mousse).

12/12/2007

98 Les vidéos

Le 8 octobre 2007. Ce matin, Fleur est venue à la maison. On a regardé ensemble la vidéo que Mamie Marie-France avait fait de toi en juin 2006 alors qu'on venait d'apprendre la récidive de ta maladie. Ce fut très émouvant, surtout pour Tata Fleur. C'est vrai que ça fait tout drôle de te revoir vivant, de t'entendre alors que tu n'es plus là. Au début, c'était très difficile aussi pour moi. Cela va un peu mieux mais ça me fait prendre conscience de ton absence et de tout ce qui me manque. En même temps, ça m'aide à me souvenir de ta voix et du reste ... Depuis quelques temps, je corresponds avec plusieurs mamans ayant aussi perdu leur enfant d'une tumeur cérébrale. Cela fait du bien, on se comprend, on a traversé la même épreuve, été confronté aux mêmes difficultés. On a les mêmes besoins, en autre, celui d'en parler, de faire encore vivre notre enfant à travers l'écriture. Qu'il reste dans le souvenir des êtres qui le connaissaient. Le temps passe et les souvenirs s'effacent, mais je ne veux pas. Tu fais partie de moi et personne ne pourra t'effacer de ma mémoire. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'aller un peu mieux. En fait, surtout depuis que le monument est installé. Comme si c'était une protection pour toi, que personne ne pouvait t'atteindre. C'est bête à dire, mais c'est comme ça. Apparemment, ces derniers jours, je vais un peu mieux. En même temps, ça me fait peur que j'aille bien si tôt, si vite. C'est un mélange de sentiments très confus dans ma tête.

97 Le monument

Le 3 octobre 2007. Voilà, enfin, le monument que nous avons choisi pour toi est installé. La stèle est magnifique. C'est ton père et moi qui l'avons dessiné. Elle est unique. Ton nom est gravé ainsi que ta date de naissance et de décès : tout cela en lettres dorées. On a fait mettre une photo de toi, mais ton père à tenu à en choisir une qui a été prise juste avant que tu ne tombes malade. La couleur du monument est rose dalva. Je n'ai pas pu y aller seule, alors j'ai demandé à Virginie et à Sarina de m'accompagner. Comme c'était dur, j'ai eu l'impression de t'enterrer une seconde fois. Avec ce monument, j'ai pris vraiment conscience que c'est toi qui est bien là. C'est une grande souffrance pour moi de ne plus t'avoir au quotidien. Amélie est venue quelques jours après avec moi pour voir le monument. Elle a dit que la forme de la stèle ressemblait à des fesses. Moi, ça ne m'a pas fait rire du tout. Ho oui, je sais que toi, ça t'aurait fait bien rigolé. Rafaël est aussi venu avec moi, il était tout ému. Il s'est retenu de verser une larme ; je l'ai bien vu. Il se retient à cause de moi mais je lui en ai parlé. Il peut se laisser aller aux larmes en ma présence. Pleurer, c'est normal. C'est le contraire qui ne l'est pas ...